Archives des tags pour « histoire »

01
fév
Par Kahlan, à 21:27, publié dans La vie, le web; Ça va où ?

« Tu as toujours aimé transgresser les règles. Enfant, tu volais de petits objets à tes camarades, pas par envie, mais juste pour voir : en étais-tu capable ? Les adultes découvriraient-ils ton méfait et te puniraient-ils ?

Plus tard, les risques encourus ont augmenté… Je ne puis dire si cette attitude était normale ou pathologique, et finalement, peu m’importe. Je sais seulement que cet après-midi-là, lorsque tu as escaladé le mur et que, bon gré mal gré, je t’ai suivi, enfonçant mes mains et mes pieds entre les pierres rugueuses et tachées de lichen, tu étais bien le seul à te sentir à l’aise et détendu.

Moi, j’aurais seulement désiré être ailleurs. Pourtant, je savais bien que la vieille bâtisse n’était plus habitée depuis des années, mais la simple idée que quelqu’un nous aperçoive me tétanisait. Et pourquoi prendre un tel risque, de toute façon ? Cette villa bourgeoise était bien entendu verrouillée et parfaitement barricadée. Tu ne fus tout de même pas suffisamment téméraire pour tenter d’y pénétrer par effraction, et je peux maintenant t’avouer que cela me surprit. L’adrénaline provoquée par ton premier méfait avait-elle été suffisante à tes yeux ?

Nous nous retrouvâmes alors à errer dans ce grand jardin automnal, et tu voulus t’asseoir à cette table de jardin, comme pour prétendre durant un instant que cette magnifique demeure était tienne.

Ce furent les minutes les plus longues de ma vie. Je n’avais qu’une envie, prendre mes jambes à mon cou et fuir au plus vite. Je sus au moins ce jour-là que je n’étais pas de celles qui, en prenant des risques, prennent aussi du plaisir. »

Ce texte était ma participation au jeu d’écriture de Madame Kévin, à partir d’une photo prise par Lizly :

écritureLes autres participations sont ou seront publiées sur le blog à mille mains.

02
déc
Par Kahlan, à 9:00, publié dans Ciné / DVD; Privé, mais pas que

Résumé de la situation :

Je suis seule, un lundi soir. Il pleut à torrent, et le vent souffle fort.

J’aimerais quand même aller au cinéma, mince, ce temps-là, ça ne devrait pas être une assez bonne raison pour se calfeutrer chez soi. (et pourtant, est-ce bien vrai, d’ailleurs ?)

Deux possibilités : le ruban blanc, au ciné le plus proche, à trois kilomètres, ou 2012, à 18kms, 36 allez-retour. Sous la pluie, la nuit, avec du vent, et surtout, avec pour conductrice une jeune femme qui s’est il y a peu extirpée avec difficulté de sa phobie de la conduite. Mais qui n’est pour autant pas hyper rassurée à l’idée d’affronter ces conditions au volant. Oh, au fait, cette jeune femme, c’est moi !

Alors, elle fait quoi la blonde ?

Ouais ouais, elle va voir 2012 à 18 kilomètres, sous la pluie, dans le noir complet. (mais il y a des phares, quand même !) Et elle se décide 5 minutes avant de partir, bien entendu.

Mais là n’est pas le problème. Non, il est plutôt , et.

Eh oui, même si on a affaire à un film d’anticipation, le ciné date bien, lui des années 70…et la salle n°1 n’a pas de son. (en fait, si, mais disons que t’entends mieux la respiration saccadée de ton voisin de gauche (mais qu’est ce qu’il fout, d’ailleurs, lui ?!) que les dialogues du film, c’est dire…) Et pour une fois, je n’accentue pas le trait, juré craché.
(Oh, et au fait, pour ta gouverne, sache qu’il n’y a que deux salles, dans ce ciné, et c’est déjà grand. Parce qu’à trois kms, il n’y en a qu’une…)

Je te passe le trajet, qui nous prouve simplement que je deviens peu à peu une pro du volant, et je te raconte immédiatement la chute, ça a assez duré, je crois.

Je me présente la gueule enfarinée au guichet, fière de moi, gonflée à bloc, confiante, après avoir réussi un créneau digne de…merde…Schumacher ?! Mouais, pas sûre qu’on ait besoin de se garer, en F1, finalement.

« Bonsoir mon chou, oh, comme tu es souriant en cette belle soirée » que je lui dis, au guichetier.

« Face à toi, je passe pour une porte de prison, ma rayonnante princesse » qu’il me répond.

(tu l’auras compris, les dialogues ont été quelque peu modifiés afin d’introduire quelques éléments romantiques qui se font très rares, ici.) On continue.

Mes pieds touchent à nouveau le sol, et LA question importante me brûle maintenant les lèvres.

« Poussin, hein que 2012, et ben il passe pas dans la salle où il n’y a pas de son, ce soir ?! »

« Si. »

Mon sourire se fige, les traits de mon interlocuteur fondent peu à peu, dévoilant un rictus cruel et pervers, là où j’avais cru voir quelques secondes plus tôt un prince charmant.

Je tourne enfin les talons et m’enfuie en sanglotant.

Et me retape comme une conne dix-huit bornes dans l’autre sens, sous la pluie, le vent, la nuit – mais avec des phares.

La suite plus tard...

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