Archives des tags pour « campagne »

28
jan
Par Kahlan, à 14:46, publié dans Carton rouge; Privé, mais pas que; Ça va où ?

Je me doute bien que lorsque je parle de « ploucs » pour désigner les habitants de mon département du centre-est de la France, je dois en irriter quelques uns.

« Sans doute se croit-elle supérieure aux autres, cette blogueuse ridicule ? », « encore une bourgeoise citadine ! ». Oui, on pourrait peut-être le croire.

Sauf que non. Mes ancêtres étaient paysans, mes origines sont donc très modestes.(mais ma famille n’est pas originaire de ce département, en fait).

Je suis d’ailleurs fière de ces gens qui avaient une vie dure, mais étaient sans doute très braves. (J’ai conscience que je suis en train de romancer mon arbre généalogique, mais je m’en fiche, ça me plait ! :D )

Donc bref, non, on ne peut pas vraiment dire que je prends les gens de haut. Non.

On peut juste dire que certaines mentalités présentes en masse dans le milieu agricole du début du 20ème siècle, n’ont plus lieu d’être au 21ème siècle, a fortiori lorsque l’on n’est même plus paysan agriculteur.

Parce que dans mon brave département où le nombre de vaches doit être supérieur au nombre d’habitants, les attitudes fermées et débiles, on connait. On ne peut pas toujours en dire autant de l’ouverture d’esprit et de l’amour pour son prochain, religion ou pas…

D’ailleurs, tout n’est que clubs fermés, ici. On reste entre ploucs. Tu n’habites pas Pétard-les-oies depuis huit générations ? Alors tu ne trouveras jamais un emploi stable au sein de son hôpital public.

Ton père, prof de son état, est absent du collège une semaine pour angine ? La rumeur court et enfle en ville, comme quoi il se serait fait virer. (si bien que même les propres amis de la famille en entendent parler et te demandent confirmation, on ne sait jamais.)

Tu vas me dire que ce genre de cas est valable dans toute petite ville de province ? Oui mais non, je te jure que vers chez moi, c’est pire !

Dernier -petit- exemple en date (ne portant pas trop à conséquence mais démontrant que certaines mentalités perdurent).

Hier soir, le garagiste appelle, on peut venir chercher la voiture. Mon père n’est pas là, ma mère et moi nous en chargeons donc. On y va à deux, et je me chargerai ainsi de ramener l’autre voiture.

Le garagiste nous regarde arriver, l’air perplexe, et nous dit, gêné.

Ah…le CHEF n’est pas là ?

Oui…le chef…le mari, le père, le chef de famille. Un silence, ma mère passe outre, sans doute habituée ? Tu comprends, la femme ne comprendra pas les explications du garagiste, qui devra parler plus lentement, voire même répéter, alors que si le CHEF était là, les deux coqs pourraient enfin communiquer d’une manière convenable, sans retard exagéré.

Ben moi, je mets les pieds dans le plat avec enthousiasme, et dit calmement :

Non, il n’y a pas de CHEF, chez nous !

La secrétaire était morte de rire et le gars ne savait plus trop où se mettre ! (Comment, une femme qui riposte et se permet une pointe d’humour ?)

Et le pire dans tout ça, c’est qu’il a à peine quarante ans…il y a encore quelques progrès à faire, décidemment.

Alors bien sûr, dans ce billet, j’ai un peu -trop- généralisé, mais tout de même, c’est vraiment le ressenti principal qui me vient lorsque je pense aux habitants de mon département, ou plus précisément de mon canton.

Au-delà de ça, mon amour pour la tranquillité des petites villes et de la campagne n’a pas changé, et j’aime notamment ma chance d’avoir la nature à portée de mains.

Pas loin de chez moi...

Pas loin de chez moi...

02
déc
Par Kahlan, à 9:00, publié dans Ciné / DVD; Privé, mais pas que

Résumé de la situation :

Je suis seule, un lundi soir. Il pleut à torrent, et le vent souffle fort.

J’aimerais quand même aller au cinéma, mince, ce temps-là, ça ne devrait pas être une assez bonne raison pour se calfeutrer chez soi. (et pourtant, est-ce bien vrai, d’ailleurs ?)

Deux possibilités : le ruban blanc, au ciné le plus proche, à trois kilomètres, ou 2012, à 18kms, 36 allez-retour. Sous la pluie, la nuit, avec du vent, et surtout, avec pour conductrice une jeune femme qui s’est il y a peu extirpée avec difficulté de sa phobie de la conduite. Mais qui n’est pour autant pas hyper rassurée à l’idée d’affronter ces conditions au volant. Oh, au fait, cette jeune femme, c’est moi !

Alors, elle fait quoi la blonde ?

Ouais ouais, elle va voir 2012 à 18 kilomètres, sous la pluie, dans le noir complet. (mais il y a des phares, quand même !) Et elle se décide 5 minutes avant de partir, bien entendu.

Mais là n’est pas le problème. Non, il est plutôt , et.

Eh oui, même si on a affaire à un film d’anticipation, le ciné date bien, lui des années 70…et la salle n°1 n’a pas de son. (en fait, si, mais disons que t’entends mieux la respiration saccadée de ton voisin de gauche (mais qu’est ce qu’il fout, d’ailleurs, lui ?!) que les dialogues du film, c’est dire…) Et pour une fois, je n’accentue pas le trait, juré craché.
(Oh, et au fait, pour ta gouverne, sache qu’il n’y a que deux salles, dans ce ciné, et c’est déjà grand. Parce qu’à trois kms, il n’y en a qu’une…)

Je te passe le trajet, qui nous prouve simplement que je deviens peu à peu une pro du volant, et je te raconte immédiatement la chute, ça a assez duré, je crois.

Je me présente la gueule enfarinée au guichet, fière de moi, gonflée à bloc, confiante, après avoir réussi un créneau digne de…merde…Schumacher ?! Mouais, pas sûre qu’on ait besoin de se garer, en F1, finalement.

« Bonsoir mon chou, oh, comme tu es souriant en cette belle soirée » que je lui dis, au guichetier.

« Face à toi, je passe pour une porte de prison, ma rayonnante princesse » qu’il me répond.

(tu l’auras compris, les dialogues ont été quelque peu modifiés afin d’introduire quelques éléments romantiques qui se font très rares, ici.) On continue.

Mes pieds touchent à nouveau le sol, et LA question importante me brûle maintenant les lèvres.

« Poussin, hein que 2012, et ben il passe pas dans la salle où il n’y a pas de son, ce soir ?! »

« Si. »

Mon sourire se fige, les traits de mon interlocuteur fondent peu à peu, dévoilant un rictus cruel et pervers, là où j’avais cru voir quelques secondes plus tôt un prince charmant.

Je tourne enfin les talons et m’enfuie en sanglotant.

Et me retape comme une conne dix-huit bornes dans l’autre sens, sous la pluie, le vent, la nuit – mais avec des phares.

La suite plus tard...

campagnelien photo

petite villelien photo