Il n’y a presque plus rien sur les étagères. Ni sur les autres meubles. Et les tiroirs et penderies ne servent plus à cacher un effroyable bordel, ils ont été rangés, eux-aussi. Et même lavés, épongés, dépoussiérés.
Les livres qui commençaient à faire ployer les planches de ma bibliothèque ont été triés, douloureusement choisis puis séparés, et enfin, pour les plus malchanceux, malmenés afin d’entrer dans un, non, deux immenses cartons. Puis direction le sous-sol.
La vérité (la vraie), c’est qu’on ne peut plus mettre de cartons dans le grenier, il est non aménagé, et ne le supporterait pas. Et j’ai vingt ans de lecture derrière moi, à multiplier par un certain nombre de livres, donc un certain nombre de cartons…finalement, ne fais pas le calcul, ça ferait peur.
Je n’aimerais tout de même pas me séparer de mes livres. Les éloigner de moi, déjà, c’est ardu. Je n’aime pas ne plus voir la couverture de mes romans préférés, savoir qu’ils sont à portée de mains, et que je peux les relire quand cela me chante. (et pourtant, je ne relis plus mes livres, comme je le faisais enfant). Alors décidément, non, je ne les vendrai pas, je ne les donnerai pas, je ne les jetterai -surtout- pas. Et je conserve le secret espoir d’un jour tous les réunir dans une bibliothèque magique qui les accueillera alors tous sans distinction, sans snobisme, et surtout sans problème de place.
Les Alice Roy côtoieraient les livres en anglais, qui côtoieraient la collection « Chair de poule » de mon enfance, qui à son tour côtoiera les grands classiques, qui flirteront avec de la science-fiction, du roman d’aventure (ah, mon cher « l’île mystérieuse »), de la fantasy, et tout ce beau monde terminerait dans un bain de sang, quand entrerait en scène mes vampires préférés, Sita et Lestat. (héros, respectivement, de Christopher Pike et Anne Rice).
Mais en attendant ce jour béni, je n’ai qu’une solution. Faire du tri, faire du vide, choisir les livres qui me quitteront, et ceux qui resteront, au moins encore un peu, dans ma chambre. Faire de la place, oui, mais juste pour les autres livres qui entreront bientôt en scène. Parce que forcément, il y en aura d’autres, beaucoup d’autres.
Et toi, tes livres, tu t’en sépares ? Tu les donnes, les vends ? Ou alors tu les conserves jalousement ?

























