Archives de la catégorie «Ça va où ? «

03
mar
Par Kahlan, à 12:16, publié dans La vie, le web; Ça va où ?

Je voulais revenir plus en détail sur ma dernière petite fiction, écrite pour le jeu sur Singapour, de Faustine.

Figure-toi que je ne suis pas très contente de moi, j’ai écrit le texte un peu trop vite, du coup, certaines choses qui semblaient évidentes pour moi ne passent pas à travers les mots.

Mais ce n’est pas grave, j’ai un blog, je peux expliquer a posteriori, même si ce n’a pas grande importance.

Qu’y a-t-il à savoir sur cette femme qui gagne un billet d’avion ?

- Elle est seule. C’est une vieille fille, ou elle s’est fait plaquer par son mari, je ne sais pas…

- du coup, elle n’a vraiment pas confiance en elle, sa vie est étriquée, toute petite, son travail lui prend beaucoup de temps, et la fatigue.

- elle est contente de gagner un billet d’avion, de nouvelles perspectives s’ouvrent à elle, un rayon de soleil fait briller sa vie un peu terne.

- elle s’imagine vivant ailleurs, ne serait-ce que pour quelques jours, et peut-être bien que c’est la première fois de sa vie qu’elle s’autorise ces extrapolations qui lui font du bien.

- elle n’ira nulle part, bien entendu. Elle a peur. Elle est trop coincée dans sa vie triste, mais rassurante. Elle dira plus tard que cela lui aurait couté trop cher de voyager si loin. En réalité, elle ne voyagerait jamais, même dans un pays plus proche.

Pourquoi j’avais envie d’éclaircir sa petite destinée ? Parce que c’est bien la première fois que j’écris sur un personnage aussi commun. On en rencontre partout, des gens comme ça, ils font partie de notre quotidien. J’en suis peut-être une, ou toi, ou encore toi…

Et comme mon prochain personnage est une sorte de wonderwoman, j’avais envie que cette femme plus terne ait son petit quart d’heure de gloire, elle aussi !

01
fév
Par Kahlan, à 21:27, publié dans La vie, le web; Ça va où ?

« Tu as toujours aimé transgresser les règles. Enfant, tu volais de petits objets à tes camarades, pas par envie, mais juste pour voir : en étais-tu capable ? Les adultes découvriraient-ils ton méfait et te puniraient-ils ?

Plus tard, les risques encourus ont augmenté… Je ne puis dire si cette attitude était normale ou pathologique, et finalement, peu m’importe. Je sais seulement que cet après-midi-là, lorsque tu as escaladé le mur et que, bon gré mal gré, je t’ai suivi, enfonçant mes mains et mes pieds entre les pierres rugueuses et tachées de lichen, tu étais bien le seul à te sentir à l’aise et détendu.

Moi, j’aurais seulement désiré être ailleurs. Pourtant, je savais bien que la vieille bâtisse n’était plus habitée depuis des années, mais la simple idée que quelqu’un nous aperçoive me tétanisait. Et pourquoi prendre un tel risque, de toute façon ? Cette villa bourgeoise était bien entendu verrouillée et parfaitement barricadée. Tu ne fus tout de même pas suffisamment téméraire pour tenter d’y pénétrer par effraction, et je peux maintenant t’avouer que cela me surprit. L’adrénaline provoquée par ton premier méfait avait-elle été suffisante à tes yeux ?

Nous nous retrouvâmes alors à errer dans ce grand jardin automnal, et tu voulus t’asseoir à cette table de jardin, comme pour prétendre durant un instant que cette magnifique demeure était tienne.

Ce furent les minutes les plus longues de ma vie. Je n’avais qu’une envie, prendre mes jambes à mon cou et fuir au plus vite. Je sus au moins ce jour-là que je n’étais pas de celles qui, en prenant des risques, prennent aussi du plaisir. »

Ce texte était ma participation au jeu d’écriture de Madame Kévin, à partir d’une photo prise par Lizly :

écritureLes autres participations sont ou seront publiées sur le blog à mille mains.

31
jan
Par Kahlan, à 18:38, publié dans Ça va où ?

Allez hop, j’ai décidé de te coller un j’aime/j’aime pas, concernant la semaine dernière. Eh oui. Let’s go !

J’aime :

- le no-TF1 day de Manu, nous permettant de montrer notre désaccord face à l’émission pro-Sarko de lundi soir dernier…

- le tahiti douche au jasmin, c’est juste delicioso, comme truc.

- le rouge à lèvres rouge qui pète vraiment.

- la colère de Madame Kévin concernant la situation des demandeurs d’emploi en France.

- qu’un mec trop sûr de lui subisse une déconvenue.

J’aime pas :

- que la série Ugly Betty soit supprimée. Il n’y aura pas de cinquième saison, en septembre prochain.

- croire toute une journée que j’ai un truc grave et angoissant, alors qu’en fait, c’était juste de la fièvre.

- ne pas avoir pris le temps de faire les énigmes de mon calendrier jour par jour.

-ne pas savoir si j’ai une chance, pour mon emploi de rêve…

Vivement demain !

28
jan
Par Kahlan, à 14:46, publié dans Carton rouge; Privé, mais pas que; Ça va où ?

Je me doute bien que lorsque je parle de « ploucs » pour désigner les habitants de mon département du centre-est de la France, je dois en irriter quelques uns.

« Sans doute se croit-elle supérieure aux autres, cette blogueuse ridicule ? », « encore une bourgeoise citadine ! ». Oui, on pourrait peut-être le croire.

Sauf que non. Mes ancêtres étaient paysans, mes origines sont donc très modestes.(mais ma famille n’est pas originaire de ce département, en fait).

Je suis d’ailleurs fière de ces gens qui avaient une vie dure, mais étaient sans doute très braves. (J’ai conscience que je suis en train de romancer mon arbre généalogique, mais je m’en fiche, ça me plait ! :D )

Donc bref, non, on ne peut pas vraiment dire que je prends les gens de haut. Non.

On peut juste dire que certaines mentalités présentes en masse dans le milieu agricole du début du 20ème siècle, n’ont plus lieu d’être au 21ème siècle, a fortiori lorsque l’on n’est même plus paysan agriculteur.

Parce que dans mon brave département où le nombre de vaches doit être supérieur au nombre d’habitants, les attitudes fermées et débiles, on connait. On ne peut pas toujours en dire autant de l’ouverture d’esprit et de l’amour pour son prochain, religion ou pas…

D’ailleurs, tout n’est que clubs fermés, ici. On reste entre ploucs. Tu n’habites pas Pétard-les-oies depuis huit générations ? Alors tu ne trouveras jamais un emploi stable au sein de son hôpital public.

Ton père, prof de son état, est absent du collège une semaine pour angine ? La rumeur court et enfle en ville, comme quoi il se serait fait virer. (si bien que même les propres amis de la famille en entendent parler et te demandent confirmation, on ne sait jamais.)

Tu vas me dire que ce genre de cas est valable dans toute petite ville de province ? Oui mais non, je te jure que vers chez moi, c’est pire !

Dernier -petit- exemple en date (ne portant pas trop à conséquence mais démontrant que certaines mentalités perdurent).

Hier soir, le garagiste appelle, on peut venir chercher la voiture. Mon père n’est pas là, ma mère et moi nous en chargeons donc. On y va à deux, et je me chargerai ainsi de ramener l’autre voiture.

Le garagiste nous regarde arriver, l’air perplexe, et nous dit, gêné.

Ah…le CHEF n’est pas là ?

Oui…le chef…le mari, le père, le chef de famille. Un silence, ma mère passe outre, sans doute habituée ? Tu comprends, la femme ne comprendra pas les explications du garagiste, qui devra parler plus lentement, voire même répéter, alors que si le CHEF était là, les deux coqs pourraient enfin communiquer d’une manière convenable, sans retard exagéré.

Ben moi, je mets les pieds dans le plat avec enthousiasme, et dit calmement :

Non, il n’y a pas de CHEF, chez nous !

La secrétaire était morte de rire et le gars ne savait plus trop où se mettre ! (Comment, une femme qui riposte et se permet une pointe d’humour ?)

Et le pire dans tout ça, c’est qu’il a à peine quarante ans…il y a encore quelques progrès à faire, décidemment.

Alors bien sûr, dans ce billet, j’ai un peu -trop- généralisé, mais tout de même, c’est vraiment le ressenti principal qui me vient lorsque je pense aux habitants de mon département, ou plus précisément de mon canton.

Au-delà de ça, mon amour pour la tranquillité des petites villes et de la campagne n’a pas changé, et j’aime notamment ma chance d’avoir la nature à portée de mains.

Pas loin de chez moi...

Pas loin de chez moi...

15
déc
Par Kahlan, à 11:32, publié dans La vie, le web; Ça va où ?

Le défi-mot du mois, « Noël » à voir chez Angélita.

Je parcours la blogosphère, et lis de-ci, de-là que Noël, c’est trop nul, ça pue du cul de faire des cadeaux à des cons, que les aiguilles du sapin j’en retrouve dans ma raie des fesses jusqu’en février…bref, c’est pas la joie dans les chaumières, en cette période de fêtes.

Mais moi je m’insurge, et clame haut et fort : PAIX ET AMOUR, brothers !

Noël, c’est le bien, pour moi.

Pas pour la chose religieuse et les bons sentiments qui en découlent, mais pour une ode à l’enfance, toute simple. Dans ma famille, on a toujours dit que Noël, c’est la fête des enfants. Rien d’autre, juste ça, mais en même temps, c’est TOUT.

Parce que si les enfants s’émerveillent et font travailler leur imaginaire grâce à cette fête, je crois que c’est aussi, de mon point de vue, l’occasion pour les adultes de retourner dans le passé, jusqu’à leur propre enfance à eux.

Alors oui, la nostalgie du souvenir est bien présente, on repense à des gens aimés et disparus avec lesquels nous avons passé de fabuleux Noël, mais on se rapproche aussi de notre enfance, le temps de ces fêtes très féeriques…et ça, ce n’est pas si mal, si ?

Tu l’auras sans doute remarqué, j’ai décoré pour Noël, ici. J’espère que les allergiques aux fêtes ne deviendront pas pour autant allergiques à mon blog !
(Moi, ce sont des paillettes que je vais retrouver dans ma raie des fesses jusqu’en février ! :D )
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04
déc
Par Kahlan, à 12:49, publié dans La vie, le web; Ça va où ?

- Thérèse, nous avions la dernière fois parlé ensemble de vos difficultés à envisager l’avenir seule avec votre compagnon. Que pouvez-vous me dire de plus à ce sujet ?

Elle se tortille sur sa chaise, mal-à-l’aise, puis se lève et s’approche de la fenêtre, comme pour s’évader. Son reflet ne trompe pourtant personne. Elle est bouleversée.

- vos sentiments remontent à la surface, c’est bien. C’est signe que vous allez mieux, que vous vous extériorisez.

- oui, je suppose que cette douleur devra sortir, un jour.

- vous n’avez pas l’air convaincue.

Thérèse se retourne, s’appuie contre le radiateur.

- je fais ces rêves, maintenant. Ma chère Lili revient, elle s’est juste égarée. Nous nous retournons et elle est là, souriante.

- vous sentez-vous heureuse, lors de ces rêves ?

- non. Une part de moi n’est jamais dupe.

Thérèse se referme, ses traits se durcissent. Madame B. regarde ses notes en hâte.

- bien, qu’en est-il de vos moments privilégiés à deux ? Vous parliez d’une sortie à la plage, y êtes-vous allés ?

Thérèse hoche la tête, ne dit mot.

- pourriez-vous m’en dire plus à ce sujet ? Avez-vous passé un bon moment ? Vous êtes-vous amusée ?

- Paul s’était occupé de tout. Les boissons, les serviettes… il a toujours été prévoyant, vous savez.

Elle cligne des yeux, rapidement, et continue à parler.

- et moi j’ai amené les chaussures de plage de Lili.

Madame B. attend la suite, mais rien ne vient.

- pourquoi avoir amené ses chaussures de plage ?

- vous comprenez, on n’est jamais trop prévoyant, comme dit Paul. Et si elle revenait ? Elle en aurait assurément besoin.

Madame B. sourit doucement.
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Ce petit texte est une participation au jeu d’écriture proposé par Madame Kévin et Lizly.

« Quel récit, quelle histoire, quels souvenirs, quels sentiments vous inspire cette photo ? »

1243984606Tara Donne