Voici la suite directe de mon article de vendredi dernier, à lire ici.
A la ferme, on trouve des gens adorables, très amicaux et prévenants, qui nous font choisir le circuit de randonnée que nous voulons emprunter. Tu en as en dessous de 10 kilomètres, et jusqu’à 16, pour les promenades d’une journée. Prudents, on choisit celui de 12 kms, parcourant la campagne de l’extrême-sud de la Bourgogne avant de rejoindre le canal (parallèle à la Loire), que l’on longera pour remonter jusqu’à la ferme, en dernière partie de ballade.
(Il faut savoir que des randonnées de plusieurs jours sont proposées, avec différents logements à choisir. (roulottes, gîtes, camping…ou même bivouac dans la nature !). Et, fait appréciable qui m’avait fait choisir cette ferme en particulier, les randonnées se font sans aucun accompagnateur. Les ânes sont éduqués, il n’y a aucun problème. Et, encore une fois, c’était la condition sine qua none, pour moi. Hors de question d’être chaperonnés lorsque l’on part en vadrouille !
En parlant d’âne, il est temps d’aller choisir notre partenaire d’un jour dans son pré. La responsable choisit Lennon, un âne d’une douzaine d’années, très grand et robuste, avec un pas constant et plutôt rapide. Elle nous dit qu’il est particulièrement doux et adorable, une vraie crème. (bon, en vrai, je mets cette expression en désespoir de cause, mais je la déteste !De la crème…beurk !)
Et c’est à moi que revient l’honneur de le sortir du pré et de l’amener dans la cour où on le préparera nous-même. Ça nous servira un peu de premiers contacts et de cours, puisque c’est à ce moment qu’on nous explique la façon de le tenir, le faire avancer, l’empêcher de manger trop souvent en chemin (ce qui finalement, deviendra notre préoccupation principale tout au long de la randonnée !
) ou encore de répartir nos vêtements et pique-niques dans les deux sacoches qu’on lui installe sur le dos. (Pas d’inquiétude, il n’avait rien de lourd à porter, surtout pour quelques heures de marche.)
Dernières vérifications, et nous voici partis ! Comment se sont passées les premières minutes ? Parfaitement bien, l’âne adopte un bon pas, se fait allégrement gratter la panse pendant que nous marchons tous et…s’arrête tous les cinq mètres pour manger goulument les fleurs blanches du bas-côté, que l’on appelle chez moi communément « carottes sauvages ». On nous avait prévenus, remarquez ! On adopte la bonne attitude, et ses arrêts s’espacent finalement (il arrive parfois à chopper les fleurs sans pour autant baisser l’allure, le bougre !)
Seuls petits « incidents » ? Le monsieur est très curieux, et lorsqu’on longe des prés contenant certains de ces congénères, c’est tout de suite beaucoup plus sportif ! Demi-tour immédiat de la bête pour rejoindre la barrière et faire des petits bisous à ces potes, et cela…deux fois de suite au même endroit. Du coup, on a du sévir, comme nous l’avait conseillé sa propriétaire, en s’emparant d’une petite baguette pour lui chatouiller les cuisses, afin qu’il continue d’avancer, au moment où il aurait voulu encore une fois y retourner ! Ouf, mission accomplie…jusqu’au prochain pré hébergeant d’autres potes ! Là, plus grosse frayeur, il n’a pas vu arriver les ânes qui s’étaient empressés de courir vers nous, en longeant la haie. Du coup il a sursauté, rué vers l’arrière puis fait demi-tour. Ça surprend, quand on ne s’y attend pas ! En plus c’était moi qui tenait la longe, à ce moment-là. (Tant mieux finalement, moins de risques de se prendre un sabot dans la tronche !) Mais malgré sa petite frayeur, il s’est immédiatement calmé, remis de lui-même dans le bon sens, et à continuer à marcher, plus ou moins tranquillement. Une adorable bête très fiable, je vous dis !
Heure du déjeuner, on change de longe pour lui laisser plus de place pour se remplir la panse…ce qu’il ne cessera de faire jusqu’à ce que nous repartions.
Une fois repartis, pas d’autres petits évènements à relater, tout a été impeccablement. (Avant aussi, d’ailleurs).
A l’arrivée, une boisson fraîche nous attendait, après que nous ayons dit au revoir à Lennon, manifestement content de retrouver ses potes dans son pré. Mince, peut-être qu’il ne se souvient déjà plus de nous ? Il doit voir tellement de monde défiler… *soupir*
En conclusion : j’ai vraiment passé une super journée. Mon père était un peu surpris, mais surtout enchanté de sa journée, lui aussi. Je ne peux que conseiller ce type de ballade. Par contre je suppose que les ânes sont attribués en fonction des personnes, car j’imagine mal une mère de famille un peu faiblarde être à l’aise (si elle n’a jamais fait d’équitation) face à un âne aussi massif qui décide soudain (alors qu’il nous avait tous un peu endormis, avec son pas régulier) de faire demi-tour pour aller saluer les potos. Je ne m’en plains pas, j’ai trouvé ça génial et trop mignon, mais disons que ce n’est pas adapté à tout le monde, certains pourraient se sentir un peu dépassés. Mais certains ânes sont bien plus petits, et sans doute plus « maniables » quand ils décident de n’en faire qu’à leur tête, ne serait-ce qu’une minute ou deux.
L’adresse :
Bougres d’ânes
La ferme de Putinat
71 340 MELAY (Saone et loire)
Site : http://www.bougresdanes.com/













