Au préalable
Shrek 3 : malgré les critiques, j’avais plutôt apprécié cet opus qui, sans être révolutionnaire, m’avait amusée en reprenant les mêmes éléments que les précédents films du géant vert. Ma critique ici.
Bon, maintenant faut que je te le dise. Tu le sais, j’en parle souvent, j’habite chez les ploucs. Je t’ai parlé des cinés à la déco en direct-live des années 70, au son inaudible et aux guichetiers aussi aimables que des portes de prison. (et même plus cons que désagréables, c’est dire ! Voir : « on n’a pas d’accord ».)
Bref, tout cela n’est pas joli joli, alors autant te dire que la 3D, c’était à mon sens quelque chose de prévu pour les années 3000, ni plus ni moins. J’avais donc été voir Avatar dans une ville plus grande de mon département…la seule à être équipée 3D, à 140kms allez-retour !
Et l’autre jour, en passant devant le ciné de ma petite « ville », je lis quelque chose d’étrange… »Shrek 4, en relief, le 30 juin ».
En relief ? Putain, c’est quoi ça, en relief ?
Je sais pas, ça m’a directement fait penser à la 3D des années 90, avec les lunettes en carton, et les effets plus ou moins ratés. J’ai donc rapidement imaginé que pour concurrencer la véritable 3D, les crétins du coin allaient nous refiler ces affreuses lunettes, pour qu’un semblant de « relief » vienne écorcher notre rétine. Une sorte d’ersatz, quoi, mais pire que de l’aspartame.
Ben je me suis trompée.
Dans ma ville de 3000 habitants (et quelques), le ciné est maintenant le troisième du département a être équipé 3D, et cela à 3 kilomètres de chez moi ! Je n’arrive toujours pas à y croire, d’ailleurs…
On en revient au film dont il est question au départ, bordel ?
C’est quoi l’histoire ? Shrek vit une parfaite vie de famille, entre sa femme, ses trois gosses, et son pote l’âne, mais ça lui porte un peu sur les nerfs, il n’a plus l’impression d’être vraiment lui-même. Alors il passe un marché avec le lutin Tracassin, ce qui lui permet de revivre exactement une journée de sa vie d’avant, lorsqu’il était encore un méchant ogre qui faisait peur et pétait dans son bain. Mais rien ne se passe comme c’était prévu, et il change le cours de l’histoire…
Bon, une chose : on est heureux de retrouver cet univers, et ce, dès les premières minutes. Les personnages sont maintenant un peu chers à notre cœur, après tout. Et on les connait bien. Et même un peu trop bien. Effet négatif : les vannes, jeux de mots et situations sont éculés, vus et revus, ce qui plombe un peu l’ensemble. P’tit biscuit, au lieu d’être mignon, devient lourd, les chansons de l’âne sont horripilantes, on finit par avoir envie de brûler le nez de Pinoccio, plutôt que de l’entendre dire encore une fois qu’il n’est pas un petit garçon…c’est vraiment le gros point faible du film, l’inventivité fait maintenant place au copié-collé, et ce qui marchait du tonnerre dans les précédents volets devient très énervant, tombant presque à plat. Je n’avais pour ma part pas ressenti cette lassitude lors du troisième opus.
Au niveau de l’image en elle-même, les premières minutes du film sont particulièrement soignées, tant au niveau de la 3D que de l’esthétique générale du dessin. Les autres scènes sortent moins du lot, mais le tout reste très joli. La 3D ne fait pas vraiment gadget, elle est là sans être trop envahissante, juste ce qu’il fallait, selon moi.
En bref : ce n’est pas au niveau du scénario ou des situations que le film tire son épingle du jeu. Néanmoins, on est heureux de retrouver une dernière fois ces personnages haut-en-couleur, pour un dernier tour de piste. Le rythme est enlevé, je ne me suis pas ennuyée et ai même passé un très agréable moment, en savourant pour la première fois la 3D dans mon petit ciné !










