Lorsque j’étais une adolescente frêle et boutonneuse (non, même pas), j’avais besoin de puissants modèles, me permettant de croire qu’on pouvait dire merde à tout va, avoir des idéaux et se battre pour eux, ou encore ériger la liberté comme un mode de vie.
Mais j’avais aussi besoin de croire au prince charmant, un prince magique, qui m’enlèverait à cette vie banale et monotone, pour me faire comprendre et me montrer que la vie valait la peine d’être vécue. (Non, je n’étais ni dépressive, ni n’avais une vie pourrie, mais j’aspirais au rêve, et aux idéaux, dirons-nous.)
Cet homme parfait, je l’avais trouvé sous les traits de Stefan, héros de l’œuvre de Lisa Jane Smith, maintenant adaptée (et bousillée modifiée) sur nos petits écrans avec la série Vampire Diaries. Ne cherche pas de similitude entre le Stefan du livre et celui de la série, il n’y en a pas. Et quand bien même, moi je te parle d’un fantasme, même plus d’un personnage. Le fantasme de l’homme parfait qui rendrait ma vie magique.
Mais ce personnage n’avait pas de réalité physique, hélas, il n’avait de réelle que l’image que je m’en été faite…
Et à la même époque, j’achetais le magazine Ciné Live, spécialisé dans le…cinéma, et vendu avec un cd-rom permettant de visionner les bandes-annonces des films à paraitre. Un jour, en fouillant dans un de ces cd, je suis tombée sur une publicité pour un parfum…et suis tombée en pâmoison devant le mannequin de la vidéo. C’était presque lui, Stefan !! Pas totalement, ces traits étaient juste un peu doux, mais à part ça…il était parfait. La publicité représentait un couple en bord de la plage, se découvrant et tombant éperdument amoureux. Mais oui, c’était exactement ce que j’aurais voulu qu’il m’arrive ! Ou alors autre chose, du moment que cet homme magnifique apparaissait dans ma vie, d’une façon ou d’une autre.
Je ne peux pas vraiment dire que ce fut une obsession, non, pas tout à fait, mais tout de même…
Puis, un jour, j’y ai de moins en moins pensé, j’ai arrêté d’autant regarder cette vidéo de quelques secondes. Jusqu’à ce que je ne la regarde plus du tout. Puis la supprime de mon disque dur. Puis que je jette tous les cd-rom associés aux Ciné Live que je conservais, partis dans la poubelle, eux aussi.
C’est comme ça que j’ai grandi.
Et c’est comme ça que j’ai également perdu toute trace de cette publicité, au point de ne plus pouvoir dire quel parfum elle promulguait, ou de quelle marque…je suis aujourd’hui incapable de la retrouver, ni de retrouver ce mannequin splendide. Comme si tout cela n’avait été qu’un rêve…










