On a à peu près tous essayé facebook, non ? On s’est tous dit que cela nous permettrait de retrouver d’anciens amis, de les côtoyer à nouveau, de prendre de leurs nouvelles, et surtout de voir ce qu’ils étaient devenus. Puis de les comparer à nous, pour se rassurer un peu.
Sur facebook, au départ, je ne voulais pas m’y inscrire, tout simplement parce que je n’ai jamais été quelqu’un de très populaire, et que cela me semblait juste une extension de la cour de récré : très peu pour moi.
J’ai finalement sauté le pas, pour d’obscures raisons (relisez ma première phrase, quelques uns en font partie) et j’ai commencé à accumuler des amis. Oh, pas beaucoup, au départ, évidemment, et j’en étais même complexée, à la limite, par rapport aux autres. Mais au fil des années, j’ai péniblement atteint les 80 amis, à peu de choses près, et selon les fluctuations du moment.
Oui. Et alors ? Mon groupe d’amis se compose :
- de la famille (les cousins/cousines). Des personnes auxquelles j’ai du faire une demande d’amitié, toujours, alors qu’elles auraient pu très facilement me retrouver, et qu’elles savaient pertinemment que j’étais inscrite sur le site. La première année, je leur inscrivais de gentils mots sur leur wall, leur souhaitais leur anniversaire (sans avoir besoin que facebook me le rappelle), j’essayais donc de créer un lien qui n’avait jamais réellement existé entre nous, à cause (peut-être, mais c’est une bonne excuse) de la distance géographique. Résultat : jamais aucune réponse. J’ai du coup abandonné tout espoir, et n’ai même pas fait une demande d’ami à ma dernière cousine, inscrite récemment. Cousine dont je n’ai pas de nouvelles depuis, évidemment. (sous-entendu : elle n’a pas jugé bon de me faire de demande non plus.)
Intérêt de facebook dans ce cas : aucun. La famille, ce n’est qu’un concept brumeux, même sur facebook, où les liens pourraient pourtant être plus faciles à mettre en place et à entretenir. Mais non, je dois avoir une famille spéciale : TOTAL FAIL.
- sur facebook, je suis également amie…avec d’anciennes connaissances/amis. Certains ont refusé ma requête, d’autres m’ont devancé et me l’ont demandé alors que je n’osais pas encore, et la plupart ont répondu favorablement à ma demande. Cool. Et après ? Pour une grande majorité d’entre eux, nous n’avons pas plus de relations avant facebook qu’après. (et pour certaines personnes, je ne les avais pas vues depuis des années.) Certains (deux) m’ont adressé la parole via le tchat minable du site, dans une tentative très maladroite et désespérée de finir dans mon lit. (ou moi dans le leur). Les gens ne s’arrangeant pas avec l’âge, puisque je les trouvais déjà particulièrement cons à 12 ans, je ne te dis pas le carnage maintenant. Et le NO WAY. (faudrait que j’arrête de caser de l’anglais à tout bout de champ, sur ce blog, ça finit par faire nul.) Enfin, quelques personnes (oui, mais combien ? Deux ? Trois ?) tentent de jouer le jeu, de commenter mes statuts, parfois amusants, d’autres fois inutiles et stupides. Nous n’étions pourtant pas forcément très proches dans la vraie vie, mais ils ont du comprendre que facebook ne pouvait pas se résumer à une course au nombre d’amis, et à une accumulation d’entrées dans des groupes plus débiles les uns que les autres. (mais j’y reviendrai).
Donc encore une fois, l’intérêt est très limité, voire nul : autant se dire que lorsque l’on a perdu une personne de vue, c’est qu’il y avait une bonne raison. Le fait de savoir que cette personne a rejoint le groupe « Pastis à l’hosto pastis sans eau » (véridique) ne m’aidera pas à communiquer un peu plus avec le genre humain, et ne m’en donnera surtout pas plus envie.
- et enfin, sur facebook, je suis amie avec des personnes que je n’ai jamais rencontré en vrai. Sortes de geeks forumeurs, joueurs ou blogueurs, on finit par s’échanger nos adresses de compte. Pour le meilleur ? Eh bien étonnamment, le plus souvent, oui. Malgré une ou deux exceptions, les échanges se font plus divers et bien plus intéressants avec ce genre de personnes, quel que soit leur âge. Est-ce suffisant pour donner un intérêt à ce site ?
Alors finalement, la question à se poser est la suivante : pourquoi suis-je encore inscrite sur ce site qui ne m’apporte rien ?
Récapitulons les points négatifs de cette « communauté » :
- elle ne favorise pas la communication ou le contact, les gens s’y inscrivent pour rentrer dans des groupes qui sont trop LOL.
- on y retrouve une ambiance « ma vie est mieux que la tienne, je reviens de tel pays, c’était absoooolument mirifique ! » des plus détestables.
- la beauf-attitude a pignon sur rue. Si tu en crois le nom des groupes que tes pseudos-amis plébiscitent, tu finis par penser que les trois-quarts de la France est alcoolique, cramée, et par le soleil (« »j’aime soleil monoï et bronzage »), et par le barbecue, et également, bien entendu, analphabète. Tu perds alors tout espoir dans le genre humain, si tu en avais encore.
- les gens s’y passionnent pour des « jeux vidéo » un peu pitoyables, du style « je plante des tomates dans un jardin virtuel et ma copine Janine va me les voler ensuite », mais persistent à dire que les vrais jeux vidéo, c’est pour les nuls. Ben tiens…
- souviens-t’en, si tu avais coupé tout lien avec cette personne en particulier, c’est qu’il y avait une bonne raison.
Alors, y-a-t-il tout de même des points positifs à facebook ?
Et bien oui ! La connaissance ! J’adore savoir ce que telle personne fait de sa vie, pourquoi elle est en colère, si elle a plus d’amis que moi etc. C’est un peu narcissique et futile, mais c’est surtout une occupation comme une autre. Mais attention…à la fin de la journée il faut se poser la question suivante : tout ce que tu as appris sur ces personnes, aurais-tu pu t’en passer ? Et la réponse est oui, mille fois oui. Et « que tout le temps perdu » à lire ces conneries… »ne se rattrape plus »…(coucou Barbara)
Pour autant, non, je n’ai pas encore supprimé mon compte privé, à mon nom. Je sais que quand/si je le fais, je ne supprimerai pour autant pas celui qui est relié à mon blog.
J’attends encore un peu…ce site m’a tout de même permis de rencontrer une personne adorable, et de m’en faire un ami, ce n’est pas rien…oui, j’attends encore un peu…j’attends, pour voir si ma « famille » me souhaitera mon anniversaire, par exemple !
Et après, peut-être, sans doute…










