Le buzz, c’est le bien. Ça marche comme ça, maintenant, pour les branchés obsessionnels que nous sommes. On fait du buzz, on fait monter la mayonnaise en parlant d’une petite chose au départ insignifiante, qui devient alors bien plus imposante. Bien plus grosse que son intérêt réel, s’entend.
Et en plus, le buzz, ça peut te servir, à toi. Enfin, si tu as une petite notoriété webesque, quoi. Sinon, la mayonnaise ne prendra jamais. Mais si elle prend, et que ça monte, ça monte, ça monte, alors peut-être, tu pourras obtenir quelque chose. Si tu buzzes pour encenser tu obtiendras un cadeau. Si tu buzzes pour te plaindre, réparation tu obtiendras. C’est quasi-mathématique.
Comme moi, maintenant, je suis 83ème au top blogs divers de wikio, tu comprends bien que je suis dorénavant totalement imbue de ma personne. En d’autres mots ? Je ne me sens plus pisser, on pourrait dire.
Et là, moi aussi, je vais faire du buzz. Du gros buzz, du méga-buzz. Pour obtenir réparation. Parce que figure-toi que oui, j’ai été lésée. On a cru que je n’étais personne, alors que je suis TOUT, on a pensé que je n’avais aucune importance, alors que c’est moi qui ai inventé ce mot. Tu comprends ?
En bref, on a refusé mon entrée de ciné gratuite, gagnée chez Manu.
Je te la fais encore plus rapide, pour que tu comprennes la gravité de la situation. On m’a dit deux phrases, qu’on a répété ensuite en boucle, en pensant que mon neurone droit n’était pas totalement connecté à celui de gauche.
« Vous avez eu ça où ? »
La réponse classique aurait été : dans ton cul. La plus classe aurait été : la prod me les a offerts. La vraie réponse que j’ai bêtement prononcée ? « je les ai gagné sur internet ». Ouais, je suis vraiment conne, en fait.
Deuxième phrase prononcé par le beauf à poils -de buste- longs :
Ch’peux pas, on n’a pas d’accord.
Là, ma réponse intelligente (ou pas) aurait été : « tu sais lire, monsieur le ventripotent ? C’est marqué « valable dans TOUTES les salles ». Ah ah, la consanguinité a encore frappé, à ce que je vois ! »
En fait, j’ai répondu naïvement : « pas d’accord avec ? ». Tu sais, je voulais lui faire dire des mots savants, comme « societé de production », ou encore « Europacorp ». Puisque ceux-ci ne semblaient pas vouloir d’eux-mêmes franchir la frontière de ce méat qui lui servait de bouche.
En fait, le vieux débile a rien compris de tout ça. Il a cru que j’avais entendu qu’il disait qu’il n’était pas d’accord. Et que je lui demandais avec quoi he doesn’t agree, le plouc.
Alors j’ai du ré-expliquer. Pourtant j’aurais tout simplement du lui suggérer qu’il devait maintenant arrêter de supposer qu’on était du même monde, lui et moi. Et que ce n’était pas parce que lui était incapable de comprendre une phrase de plus de trois mots, qu’il devait en venir à supposer que c’était également mon cas.
Du coup, je me suis cassée. Et j’ai un peu l’impression qu’il croyait que j’allais payer pour voir le film, le con. Je te rappelle que j’avais des billets gratuits, pour un film que je n’aurais pas forcément été voir en temps normal.
C’est là que j’en reviens au buzz. (Tu as suivi, ou pas ? Sinon, rembobine un peu.
)
Parce que en blogueuse lambda, c’est le moment de se servir de mon armada personnelle. J’ai nommé : mon blog/facebook/twitter.
Ouiiiiii ! Démolissons en cœur la réputation de cet horrible cinéma, et de ce monstre d’égoïsme de guichetier de mes deux, même pas payé, et pourtant odieux ! (je ne comprends pas, c’est quand on est mal payés, qu’on est méchants, pas quand on est bénévoles, normalement…)
Et là, alors que je m’apprête à twitter à donf, pour transformer ce bouseux en bois de chauffage, je me rends compte qu’un détail bloque tout le mécanisme. Oh, un tout petit détail, bien sûr, mais tout de même…
Le plouc, et tout le personnel de ce petit ciné de campagne, d’ailleurs, ne savent sans doute même pas ce qu’est exactement un blog. Alors twitter ? Le buzz ? C’est quoi ce langage, nondoudiou ?!
Et voilà, dans ce cas-précis, le buzz n’a aucun impact. Je ne peux rien faire. Ma pseudo-réputation blogueuse vaut moins qu’un clou. Useless, nullos, pourritos. Le basset à poils longs n’aura jamais vent de cette tentative de démolissage, et jamais il ne m’accueillera à bras ouverts, moi et mes billets gratuits.
Mais le ciné de la ville voisine, lui, oui.
PS : de l’auto-dérision ainsi qu’ un brin d’humour se sont glissés dans cet article. Sauras-tu les retrouver ?










