Tu te souviens que je t’avais fait voter, pour rire, afin de savoir si tu avais envie que je poste la petite histoire inventée pour un concours chez La Mère Joie (mais non utilisée car ne correspondant pas totalement au sujet) ?
Eh bien la voici, enfin ! J’en profite pour inaugurer une nouvelle catégorie « f(r)ictions » dans laquelle seront également classés les précédents petits textes de fiction qui ont pu être écrits ici.
Cela faisait bien deux ans qu’elle n’avait pas pris de vacances, songeait-elle en glissant un bikini dans sa valise. Son séjour sur Adonis lui ferait le plus grand bien. Et cela faisait si longtemps qu’elle n’était pas retournée sur sa planète d’origine si chère à son cœur !
Depuis son arrivée sur Onax, caillou inhospitalier mais néanmoins largement colonisé, les contrats s’étaient enchainés, si bien que sa vie ne tournait désormais plus qu’autour de son travail de destructrice agrée. Elle le regrettait parfois, mais adorait pourtant son métier. Ce que l’on appelait communément « les nouvelles planètes » grouillaient encore de parasites en tout genre, et tant que leurs nids n’étaient pas détruits, les colonies n’étaient pas à même de s’étendre.
On comprenait alors plus aisément cet engouement pour les « destructeurs », d’autant plus qu’ils étaient rares, étant donné la nature de la tâche à accomplir…la sélection drastique qui attendait les candidats intéressés par le métier en décourageait plus d’un, lorsque le napalm et la poudre ne les emportaient pas au cours du rude entrainement imposé.
Elle avait franchi toutes ces étapes, et avec brio. Mais ces épreuves n’étaient rien, face à la dangerosité de son travail. Les blessures et autres mauvaises morsures s’étaient accumulées, meurtrissant de plus en plus son corps pourtant encore jeune.
Elle ressentait la nécessité d’une pause depuis quelques temps, et l’écho des vagues frappant la digue de sa ville natale résonnait dans ses oreilles les rares fois où elle se reposait, seule. Nostalgie.
Pourtant, à cet instant, ce fut un tout autre bruit qui la sortit de sa torpeur. Son digipack, encore accroché à son poignet, sonnait régulièrement, et sans doute depuis maintenant quelques secondes. Le type de sonnerie attribué à son principal fournisseur de contrats, les plus juteux.
Soupir. Résignation.
Elle posa son doigt sur l’appareil, prit une lourde inspiration, appuya, et éleva la voix.
- Oui, ici Sirm’en…












