Je me doute bien que lorsque je parle de « ploucs » pour désigner les habitants de mon département du centre-est de la France, je dois en irriter quelques uns.
« Sans doute se croit-elle supérieure aux autres, cette blogueuse ridicule ? », « encore une bourgeoise citadine ! ». Oui, on pourrait peut-être le croire.
Sauf que non. Mes ancêtres étaient paysans, mes origines sont donc très modestes.(mais ma famille n’est pas originaire de ce département, en fait).
Je suis d’ailleurs fière de ces gens qui avaient une vie dure, mais étaient sans doute très braves. (J’ai conscience que je suis en train de romancer mon arbre généalogique, mais je m’en fiche, ça me plait !
)
Donc bref, non, on ne peut pas vraiment dire que je prends les gens de haut. Non.
On peut juste dire que certaines mentalités présentes en masse dans le milieu agricole du début du 20ème siècle, n’ont plus lieu d’être au 21ème siècle, a fortiori lorsque l’on n’est même plus paysan agriculteur.
Parce que dans mon brave département où le nombre de vaches doit être supérieur au nombre d’habitants, les attitudes fermées et débiles, on connait. On ne peut pas toujours en dire autant de l’ouverture d’esprit et de l’amour pour son prochain, religion ou pas…
D’ailleurs, tout n’est que clubs fermés, ici. On reste entre ploucs. Tu n’habites pas Pétard-les-oies depuis huit générations ? Alors tu ne trouveras jamais un emploi stable au sein de son hôpital public.
Ton père, prof de son état, est absent du collège une semaine pour angine ? La rumeur court et enfle en ville, comme quoi il se serait fait virer. (si bien que même les propres amis de la famille en entendent parler et te demandent confirmation, on ne sait jamais.)
Tu vas me dire que ce genre de cas est valable dans toute petite ville de province ? Oui mais non, je te jure que vers chez moi, c’est pire !
Dernier -petit- exemple en date (ne portant pas trop à conséquence mais démontrant que certaines mentalités perdurent).
Hier soir, le garagiste appelle, on peut venir chercher la voiture. Mon père n’est pas là, ma mère et moi nous en chargeons donc. On y va à deux, et je me chargerai ainsi de ramener l’autre voiture.
Le garagiste nous regarde arriver, l’air perplexe, et nous dit, gêné.
Ah…le CHEF n’est pas là ?
Oui…le chef…le mari, le père, le chef de famille. Un silence, ma mère passe outre, sans doute habituée ? Tu comprends, la femme ne comprendra pas les explications du garagiste, qui devra parler plus lentement, voire même répéter, alors que si le CHEF était là, les deux coqs pourraient enfin communiquer d’une manière convenable, sans retard exagéré.
Ben moi, je mets les pieds dans le plat avec enthousiasme, et dit calmement :
Non, il n’y a pas de CHEF, chez nous !
La secrétaire était morte de rire et le gars ne savait plus trop où se mettre ! (Comment, une femme qui riposte et se permet une pointe d’humour ?)
Et le pire dans tout ça, c’est qu’il a à peine quarante ans…il y a encore quelques progrès à faire, décidemment.
Alors bien sûr, dans ce billet, j’ai un peu -trop- généralisé, mais tout de même, c’est vraiment le ressenti principal qui me vient lorsque je pense aux habitants de mon département, ou plus précisément de mon canton.
Au-delà de ça, mon amour pour la tranquillité des petites villes et de la campagne n’a pas changé, et j’aime notamment ma chance d’avoir la nature à portée de mains.













