- Thérèse, nous avions la dernière fois parlé ensemble de vos difficultés à envisager l’avenir seule avec votre compagnon. Que pouvez-vous me dire de plus à ce sujet ?
Elle se tortille sur sa chaise, mal-à-l’aise, puis se lève et s’approche de la fenêtre, comme pour s’évader. Son reflet ne trompe pourtant personne. Elle est bouleversée.
- vos sentiments remontent à la surface, c’est bien. C’est signe que vous allez mieux, que vous vous extériorisez.
- oui, je suppose que cette douleur devra sortir, un jour.
- vous n’avez pas l’air convaincue.
Thérèse se retourne, s’appuie contre le radiateur.
- je fais ces rêves, maintenant. Ma chère Lili revient, elle s’est juste égarée. Nous nous retournons et elle est là, souriante.
- vous sentez-vous heureuse, lors de ces rêves ?
- non. Une part de moi n’est jamais dupe.
Thérèse se referme, ses traits se durcissent. Madame B. regarde ses notes en hâte.
- bien, qu’en est-il de vos moments privilégiés à deux ? Vous parliez d’une sortie à la plage, y êtes-vous allés ?
Thérèse hoche la tête, ne dit mot.
- pourriez-vous m’en dire plus à ce sujet ? Avez-vous passé un bon moment ? Vous êtes-vous amusée ?
- Paul s’était occupé de tout. Les boissons, les serviettes… il a toujours été prévoyant, vous savez.
Elle cligne des yeux, rapidement, et continue à parler.
- et moi j’ai amené les chaussures de plage de Lili.
Madame B. attend la suite, mais rien ne vient.
- pourquoi avoir amené ses chaussures de plage ?
- vous comprenez, on n’est jamais trop prévoyant, comme dit Paul. Et si elle revenait ? Elle en aurait assurément besoin.
Madame B. sourit doucement.
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Ce petit texte est une participation au jeu d’écriture proposé par Madame Kévin et Lizly.
« Quel récit, quelle histoire, quels souvenirs, quels sentiments vous inspire cette photo ? »
Tara Donne









