04
oct
Par Kahlan, à 8:00, publié dans Ça va où ?; Carton rouge

Et oui, aujourd'hui dimanche 4 octobre, c'est la journée mondiale des animaux.
Je te dis pas ça pour que tu claques la bise à ton chien, même si finalement, tu en as le droit, bien sûr.

Non, ce genre de journée, même si elle ne règle rien, pourrait permettre une prise de conscience.
Et pour ça, la moindre des choses, c'est de lire, de se renseigner à ce sujet.
Au sujet des conditions de vie et de mort des animaux sur terre, j'entends.
Et là, je ne parle toujours pas des animaux de compagnie. (Quoique, après tout, on pourrait parler de ces chiens qui traversent l'Europe par milliers dans des camions et qui arrivent dans nos pays en très mauvais état, quand ils survivent, pour être ensuite vendus en animalerie).

Nous pensons que l'humanité évolue, souvent en bien, que notre morale et notre éthique se développent positivement, à travers les âges. Mais alors pourquoi, au 21ème siècle, l'espèce animale dans son entier souffre-t-elle autant, par la faute de l'homme ? Cela parait être une rébellion légèrement utopique, n'est ce pas ? Sauf que lorsque l'on se renseigne, on comprend que rien n'est inéluctable, et que surtout, rien n'est nécessaire.

Je te livre ici un texte de Florence Burgat, qui est directeur de recherche en philosophie à l'institut
national de la recherche agronomique. Elle a
travaillé sur la définition de l'animalité dans la philosophie
occidentale moderne et contemporaine, et travaille aussi sur la condition des animaux dans notre société.

Le texte est paru sur le site EVANA, et a été relayé par Taomugaia sur son blog.
Prend le temps de le lire, s'il te plait, il vaut vraiment le coup.

"Parce que c’est le jour de la Saint François d’Assise, le 04 octobre
est déclaré « journée mondiale des animaux ». Une journée par an. Non
pas pour nous souvenir de la manière dont l’humanité a, durant des
siècles, traité les animaux, et se demander comment cela a pu être
possible. Mais une journée par an pour parler de ce qu’ils subissent
tous les jours, sans répit, partout dans le monde et depuis toujours.
Quand les choses vont-elles enfin changer ?

Deux choses ont changé dans l’histoire sombre des animaux.

La première chose, c’est qu’on n’a jamais autant tué d’animaux
qu’aujourd’hui, on n’en a jamais autant exploités. Jamais la condition
des animaux n’a été aussi dure. Ce sont par milliards qu’ils sont
enfermés dans les bâtiments d’élevage, abattus à la chaîne, tués par
balle, par poison ou par piège à la chasse, pêchés, capturés pour leur
fourrure ou leur « exotisme », utilisés dans les laboratoires, dressés
et mutilés dans les cirques, abrutis de solitude dans les zoos…

L’urgence grandit. Car nous avons désormais les moyens scientifiques et
techniques d’obtenir d’eux toujours plus : plus de viande, plus de
lait, plus de connaissances scientifiques, plus de tout… Le monde
animal est exténué. L’homme est en passe d’éradiquer les derniers
animaux libres, au profit d’un stock à gérer apte à répondre à tous nos
besoins, y compris les plus futiles. Le fait est là.

La seconde chose, c’est qu’un mouvement mondial de protection et de
défense des droits des animaux s’est levé, structuré, amplifié. Il
veille, informe, dépense toute l’énergie possible pour dissiper
l’indifférence ou l’inconscience de gens qui, pour la plupart, n’ont
aucune idée de ce à quoi ils participent par des achats qui semblent
bien anodins : du jambon, un yaourt, une paire de chaussures, un rouge
à lèvres.

Quand les choses vont-elles enfin changer ? Souvent, nous déplorons
notre impuissance en apprenant que se passent dans le monde des
tortures d’humains, des crimes, des enfermements…

S’agissant des souffrances endurées par les animaux, il ne tient qu’à
nous d’y mettre fin : en nous informant et en nous abstenant d’acheter
les produits issus de l’exploitation animale. Nous avons pratiquement
chaque fois le choix. L’alternative nous est quasiment toujours
offerte. Cessons de marcher tête baissée, aveugles et sourds à ce qui –
il est vrai – est caché, afin que nul ne voie ni n’entende."

Il est bien ce texte, non ?

Tu sais, je ne suis pas totalement conne, je sais bien qu'hier, je t'ai montré la photo d'un morceau de viande. Et que le texte prône, "il ne tient qu’à
nous d’y mettre fin : en nous informant et en nous abstenant d’acheter
les produits issus de l’exploitation animale."

Mais moi, je ne suis pas végétarienne, et je t'avoue que je ne me sentais pas du tout coupable, jusqu'à récemment. Mais voilà, on lit, on se renseigne, et nos idées évoluent.
Je ne suis pas prête à abandonner la viande, d'ailleurs, aujourd'hui.
Mais en manger moins, peut-être.

Tu connais le nouvel adage écolo ? "Mieux vaut un végétarien roulant en 4×4 qu'un mangeur de steaks à vélo !"

A ce propos, je te conseille la lecture du sciences et avenir paru ce mois-ci, qui contient un dossier très complet "Mangez sain en protégeant la planète". Si c'est du gagnant-gagnant, comme dirait Ségo, moi je veux bien !

Il y est dit que "consommer moins de viande préserve la couche d'ozone" et qu' "on peut alléger la pression de l'élevage sur les ressources naturelles et réduire ainsi la deuxième source mondiale de gaz à effet de serre". Entre autre. C'est vraiment à lire !

Sur ce, bon dimanche quand même !

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